Arto Paasilinna - Le Cantique de l’apocalypse joyeuse
Par Franck le jeudi 10 décembre 2009, 13:02 - Livres - Lien permanent
Premier billet sur ce blog, en forme de réédition d'un article publié sur l'ancienne plate-forme et archivé ici. Je le réédite car ce livre est aujourd'hui en pile en format poche dans les librairies à l'approche des fêtes. Attention : il colporte une idéologie nauséeuse écrite, qui plus est, dans une langue approximative. A éviter donc à tout prix, sauf si vous détestez la personne à qui vous comptez offrir le bouquin...
La littérature scandinave nous réserve des petits bijoux. J'ai succombé, comme
il se doit, à la fièvre "Millenium". En son temps, j'ai dévoré les Sjöwall et
Wahloo, et je ne manque pas une sortie d'un Mankell.
Voilà pour la Suède. Côté finnois, j'aime bien lire, de temps à autre, Arto Paasilinna. Comme ses compères suédois, il est plutôt à gauche, plus exactement à l'ultra-gauche, tendance trosko du côté de Stockholm, tendance écolo fundis du côté d'Helsinki.
Les romans de Paasilinna sont construits sur la même logique, le retour à la
nature, la vanité de la vie urbaine, la critique de la société de consommation,
les vraies valeurs qui sont humaines et non matérielles. Un de ses romans, "Le
Lièvre de Vatanen", a été mis en image de façon désastreuse en 2006, ainsi que
j'en avais fait la critique naguère.
Vient de paraître en français un de ses premiers romans, "Le Cantique de
l'apocalypse joyeuse", publié en finnois en 1992, que je qualifierais d'oeuvre
de jeunesse, tant c'est mal écrit, et qui, surtout, dénote d'une idéologie
environnementaliste que n'aurait pas nié les thuriféraires de l'ex-maréchal,
avec son lot de racisme et de misogynie.
Le pitch : un exécuteur testamentaire doit construire un temple (et non
une église comme cela est traduit) ; au fil du temps, il édifie une
communauté sylvestre, dont il est président à vie (!). Dans un monde en guerre
et sans ressources, la communauté prospère, sur un modèle économique communiste
à la khmer (il n'est pas fait mention de salaire), non sans avoir constitué une
armée particulièrement bien outillée. A chaque problème, une solution emplie de
bon sens, quand, dans les villes, tout n'est que pauvreté et corruption.
L'apocalypse vient dans les dernières lignes, qui transforme la communauté en
paradis terrestre.
On notera le personnage de la pasteure, hommasse et seul caractère asexué !
Racisme ? Un avion de combat survole le village, et s'écrase dans la
forêt. Les pilotes sont faits prisonniers, ils sont Arabes, et stupides :
ils devaient bombarder Madagascar, ils se retrouvent au-dessus de la
Scandinavie ("en cours de vol, ils avaient eu quelques divergences de vue sur
le cap à tenir, mais personne ne s'attendait à un tel écart", page 235).
L'alphabet arabe : "l'écriture était si tarabiscotée que l'on n'y comprit
rien" (page 235 toujours).
Misogynie ? Hormis notre pasteure hommasse, les femmes sont avides de
sexe, inconstantes ("incapable de rester en place plus d'une journée", page
206) mais arrivent toujours à leurs fins ("avec de la patience, même le plus
obstiné des mâles finlandais finit par se laisser conduire à l'autel", page
195). Une colonne de femmes réfugiées, particulièrement bien organisées,
déboulent dans la communauté, elles ont besoin d'une escorte mâle car "comme
chacun sait, les femmes (et les Arabes) n'ont aucun sens de l'orientation"
(page 258).
Ecrit en 1992, ce roman a quelques éléments d'anticipation assez
confondants : dans New-York noyé dans des ordures, une scène voit des
top-managers tomber dans le vide d'une tour en flammes…
Cependant, Paasilinna décrit un avenir sombre à l'euro, prédiction qui se révèle (à ce jour du moins) inexacte…
Pour résumer, si vous ne connaissez pas Arto Paasilinna, je vous déconseille
vivement de commencer par ce roman ; "Le Lièvre de Vatanen" est à mon avis
une bonne entrée dans son oeuvre.
Si vous connaissez Paasilinna, vous pouvez largement faire l'impasse sur cet
opus ou, du moins, attendre sa sortie en poche, car mettre 20 euros dans un tel
salmigondis mal écrit avec quelques idées nauséeuses, ce n'est pas la meilleure
opération de l'année !
Collection "Denoël et d'ailleurs"
Commentaires
Je te promets que je n'ai pas fait exprès d'écrire à nouveau le même jour que toi ! Pinaise, y a un truc cosmique entre nous !
Si je peux me permettre : c'est écrit un peu petit, ton texte, t'as pas plus grand comme police ?
Bises
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